A la St Vincent (19 juillet), cesse la pluie et vient le vent.

Insolite

No Gravatar

L’American Museum of Natio­nal His­tory a com­pilé toute la connais­sance de l’Univers dans une vidéo impres­sion­nante. A regar­der en plein écran et en HD pour vivre plei­ne­ment l’expérience

Extra­ter­restres: les quatre véri­tés
ESPACE

La vie ailleurs? Elle n’est peut-être pas ce que l’on ima­gine. De grands scien­ti­fiques s’interrogent sur la forme qu’elle pour­rait revê­tir, gazeuse, bactérienne…

Notre pla­nète n’est pas le nom­bril du monde — quoi qu’en pensent encore cer­tains. Et nous sommes plei­ne­ment conscients que cette fra­gile petite boule bleue pour­rait un jour être réduite en pous­sière si un asté­roïde géant la percutait.

Mais la ques­tion que se posent les Ter­riens, lan­ci­nante pour beau­coup, est de savoir s’il y a, ou non, de la vie « ailleurs ». Pour avoir répondu oui, il y a quatre siècles, le Saint– Office a fait brû­ler vif Gior­dano Bruno. Les humains, depuis, sont deve­nus un peu plus tolérants.

Sommes-nous seuls dans l’univers? Quatre astro­phy­si­ciens de renom s’interrogent aujourd’hui (1). Ils font le point et ce qu’ils nous apprennent donne le vertige.

Que savons-nous? Pre­mière cer­ti­tude, acquise récem­ment: le Soleil n’est qu’une des 150 mil­liards d’étoiles de notre galaxie. Et il y a — le chiffre, astro­no­mique, ouvre la porte à toutes les spé­cu­la­tions — dix mille mil­liards de mil­liards d’étoiles dans le cos­mos obser­vable… Des pla­nètes situées hors du sys­tème solaire, les hommes en ont décou­vert jusqu’à pré­sent 32.

Seconde cer­ti­tude: si vie il y a au-delà de la Terre, il est dou­teux qu’elle ait l’apparence, qu’en indé­crot­tables anthro­po­mor­phistes, beau­coup lui prêtent, celle de bipèdes dotés de bras. Théo­dore Monod, le grand savant amou­reux des déserts, a laissé ainsi entendre que d’ici quelques mil­lions d’années, sur notre vieille pla­nète, des cépha­lo­podes, poulpes ou cal­mars, pour­raient fort bien rem­pla­cer les mam­mi­fères en sor­tant de l’eau et en se dotant de poumons…

D’où la ques­tion: s’il existe des orga­nismes vivants dans les grands fonds sul­fu­reux et sombres de nos fosses océa­niques où règnent des tem­pé­ra­tures infer­nales, si des bac­té­ries res­tent intactes dans les glaces du lac Vos­tok en plein Antarc­tique, pour­quoi n’y aurait-il pas, sur d’autres « terres » a priori peu hos­pi­ta­lières, des êtres qui pour­raient avoir toutes les appa­rences pos­sibles et ima­gi­nables? Des êtres minus­cules dont la vie ne dure­rait qu’un mil­lio­nième de mil­liar­dième de seconde ou des nuages inter­stel­laires orga­ni­sés et pen­sants se nour­ris­sant de la lumière des étoiles…

L’«invention» des OVNIS
Jean Heid­mann n’est pas un homme à qui l’on en conte. Radio-astronome de l’Observatoire de Paris, membre de l’Académie inter­na­tio­nale d’astronautique, il est à l’écoute du ciel depuis des années, comme les 200 bias­tro­nomes ras­sem­blés au sein du SETI (« Search for Extra-Terrestrial Intel­li­gence », recherche d’intelligence extra­ter­restre). Leurs « grandes oreilles »: d’immenses récep­teurs bra­qués vers le silence infini et ces cen­taines de mil­liers d’étoiles entou­rées, peut-être, de pla­nètes sus­cep­tibles d’abriter des formes de vie.

Jean Heid­mann attend un « signal ». Comme il est extrê­me­ment pru­dent, il se contente d’affirmer: « J’ai ten­dance à pen­ser que nous ne sommes pas seuls mais je n’en ai pas la preuve. » Il cherche, « par devoir éthique ». Et il guette d’éventuels mes­sages élec­tro­ma­gné­tiques, « des indices de tech­no­lo­gies plus avan­cées que la nôtre », des signaux radio de civi­li­sa­tions qui pour­raient avoir dis­paru depuis belle lurette. A moins qu’elles n’en soient qu’à l’âge de pierre.

Mais si, d’aventure, nous cap­tions un « signe », qu’est-ce que nous pour­rions bien leur répondre? Vous allez bien? Nous aussi, merci, à part Tcher­no­byl, la Tchét­ché­nie, les pics de pol­lu­tion en été et la coha­bi­ta­tion qui se dégrade? Cette quête peut donc paraître vaine. D’autant qu’ il est pos­sible que ces êtres ne soient pas — encore? — des « intel­li­gences conscientes ». Après tout, rap­pelle Jean Heid­mann, il y eut dans le passé un dino­saure, le Ste­no­ni­ko­sau­rus Inequa­lis qui, on le sup­pute, pos­sé­dait « une apti­tude à l’intelligence »: gros cer­veau par rap­port à sa taille, vision sté­réo­sco­pique, pattes de devant aux doigts déliés. Com­ment aurait-il évolué si un asté­roïde — c’est l’hypothèse com­mu­né­ment admise — n’avait pas mis fin au règne de ces lézards géants? Et ces OVNIS, ces mul­tiples témoi­gnages d’atterrissages, voire de « ren­contres » dont, pério­di­que­ment, la presse se fait l’écho depuis un demi-siècle, ne faut-il pas y voir une « preuve » de l’existence d’êtres venus d’ailleurs? Le terme même d’OVNIS semble héris­ser la plu­part des scien­ti­fiques. Jean Heid­mann est du nombre, qui affirme, sans crainte de cha­gri­ner les ufo­logues: « il n’y a aucun cas d’OVNI, à ce jour, qui soit suf­fi­sam­ment bien étayé pour attes­ter scien­ti­fi­que­ment que ces ”objets” pro­viennent d’une civi­li­sa­tion extra– ter­restre. » « Les OVNIS, soutient-il encore, font par­tie de l’arsenal des gou­ver­nants pour dés­in­for­mer et conti­nuer à faire rêver le grand public. »

«Si nous n’étions pas seuls, ça se sau­rait…»
Alfred Vidal-Madjar, direc­teur de recherches au CNRS, cher­cheur à l’Institut d’astrophysique de Paris, est aux avant– postes de l’observation des nou­velles pla­nètes. Il fait par­tie de ces savants plu­tôt scep­tiques quant à la pré­sence d’une vie intel­li­gente ailleurs que sur Terre: « Si nous n’étions pas seuls, ça se sau­rait… » A moins, il l’admet, et cela réduit la por­tée de l’assertion, qu’ « ils » n’aiment pas voya­ger, qu’ « ils » se soient auto-détruits, que nous soyions « les pre­miers » ou bien encore qu’ « ils » se bornent à obser­ver notre « évolu­tion », toute rela­tive, cha­cun en convien­dra — c’est la fameuse « théo­rie du zoo ».

Ce scien­ti­fique rap­pelle que même si nous par­ve­nions à construire un vais­seau spa­tial capable d’atteindre la vitesse de la lumière (300.000 km/seconde), ceux qui seraient res­tés sur Terre devraient attendre plu­sieurs mil­lions d’années pour voir un de leurs astro­nefs atteindre une galaxie. Et en revenir.

Rendez-vous sur Mars
Nico­las Prant­zos, chargé de recherches au CNRS, spé­cia­liste d’astrophysique nucléaire, ne par­tage pas ce pes­si­misme. Il a vu vingt-quatre fois « 2001, odys­sée de l’espace ». Alors, pour lui, l’épopée spa­tiale n’en est qu’à ses bal­bu­tie­ments. Ainsi envisage-t-il: 1) la créa­tion de bases sur la Lune; 2) la trans­for­ma­tion de Mars en une pla­nète habi­table — « il fau­drait plu­sieurs siècles »… 3) l’utilisation, pour aller au-delà de la ban­lieue de la Terre, d’autres modes de pro­pul­sion que nos pous­sives fusées qui atteignent en cra­cho­tant — quand elles n’explosent pas -, les 40.000 km/h: voi­liers solaires, éner­gie ionique, nucléaire. L’étoile la plus proche se situant à 4 années/lumière, on ima­gine d’envoyer des « vaisseaux-mondes » conte­nant des éco-systèmes entiers, voire de s’engouffrer dans les tun­nels de « l’espace-temps »… sitôt que leur exis­tence aura été démon­trée. Nous frô­lons là la science– fiction.

Mais la vie « là-bas »? Réponse: « La pro­ba­bi­lité d’émergence de vie sur une pla­nète est, par hypo­thèse, de un cent– mil­liar­dième ». C’est bien peu, certes. Et si nous étions seuls? Alors, dit Nico­las Prant­zos, « quelle for­mi­dable res­pon­sa­bi­lité: pré­ser­ver aussi long­temps que pos­sible cette unique expé­rience ”réus­sie” de la nature. Et colo­ni­ser la Galaxie… »

Hubert Reeves: «Peut-être sur Europe ou Titan…»
Pas de « contact », un ciel déses­pé­ré­ment muet… Faut-il en conclure qu’il n’y a rien « là-haut »? Hubert Reeves, qui enseigne la cos­mo­lo­gie à Mont­réal et à Paris, est, en ce domaine, d’un natu­rel opti­miste. Où la vie, pour s’en tenir à nos pla­nètes fami­lières, pourrait-elle se nicher? Sur Mer­cure? « Pas d’atmosphère, peut-être un peu de glace. Pas très pro­met­teur… » Vénus? « Il y fait 500 degrés, il y pleut de l’acide sul­fu­rique… » Mars? « Il y a eu de l’eau, qui sub­siste peut-être dans le sous-sol, on pour­rait y trou­ver des bac­té­ries en état de dor­mance. » Plus inté­res­sants, les satel­lites de la géante Jupi­ter, et notam­ment Europe — « elle est cou­verte de glaces » — ainsi que Titan, satel­lite de Saturne: « Sa sur­face est recou­verte d’une épaisse atmo­sphère, cachant vrai­sem­bla­ble­ment des nappes liquides. On y trouve de l’azote et aussi des hydro­car­bures, molé­cules com­po­sées de car­bone, d’oxygène et d’hydrogène. » Et, pour­quoi pas, de la vie?

« Sommes-nous seuls dans l’univers? », Jean Heid­mann, Alfred Vidal– Mad­jar, Nico­las Prant­zos, Hubert Reeves, Ed. Fayard, 307 pages, 120 F/18 euros.
Source ladepeche.fr — Phi­lippe Brassart

Comments are closed.

© 2012 JPM | Entries (RSS) and Comments (RSS)
Design by Design Your Web Page modifié JPM

Page optimized by WP Minify WordPress Plugin